« Nous sommes celles qui en finiront avec le VIH »

Je suis une défenseuse et militante des droits des enfants qui plaide en faveur des droits et de la santé sexuelle des adolescentes et des jeunes femmes au Cameroun.

Un jour, ma maman m’a dit que les gens ne s’intéressaient pas aux promesses que l’on fait, mais au fait que l’on soit honnête au moment de les tenir. S’il y a une chose que je voudrais dire aux dirigeants de conférences comme celle-ci, c’est qu’ils doivent établir des politiques qui ont du sens. Quelque part, chaque jour, une fille est violée, une fille subit des mutilations génitales, est contrainte de se marier ou de travailler. Les chiffres à ce sujet sont particulièrement mauvais en Afrique. Nous chantons des chansons sur l’égalité de genre, mais nos politiques ne sont pas à la hauteur. Elles ne nous aident pas à lutter pour les droits des filles et des jeunes femmes. Bien souvent, les dirigeants viennent à ce genre d’événements et y font des promesses, faisant naître chez nous des attentes. Ils doivent rendre des comptes. On ne se souviendra pas d’eux pour les choses qu’ils auront promises ici, mais bien pour la façon dont ils tiennent leurs promesses.

Je travaille pour une ONG appelée Lesotho Network of AIDS Service Organizations (LENASO). Nous plaidons pour que les gens obtiennent un diagnostic du VIH, un dépistage de la tuberculose et d’autres services de soins de santé primaires. Nous travaillons au plus près des gens, en faisant le pont entre eux et la prise en charge et le traitement, puis nous veillons à ce qu’ils suivent leur traitement. Nous travaillons dans les régions les plus difficiles d’accès. Mon pays est montagneux – on l’appelle souvent le royaume dans le ciel. La configuration est rude et nous devons parfois chevaucher pendant deux jours pour atteindre les personnes qui en ont le plus besoin, là où les filles n’ont que très peu d’informations à propos du VIH et de la manière de s’en protéger.

Nous devons trouver des solutions pour faire parvenir aux communautés les informations que nous partageons lors de ce genre de réunions. Les communautés dans lesquelles nous travaillons ne connaissent pas des outils essentiels comme la PrEP (prophylaxie préexposition). Certaines personnes ne savent même pas comment utiliser des préservatifs. Il ne suffit pas de dire que ces outils sont disponibles. J’ai véritablement à cœur de communiquer des informations sur les outils de contraception et de prévention et de veiller à ce qu’ils soient disponibles là où ces filles peuvent y avoir accès. Il faut communiquer aux dirigeants, aux prêtres et aux parents des informations pour qu’ils sachent à quel point les connaissances et les outils de prévention du VIH et d’autres maladies sont importants pour nous. Nous devrions proposer des informations et une éducation d’une façon générale : aux filles, aux dirigeants et aux parents.

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